De : Maurice Piquard [piquardmaurice(at)yahoo.fr]
Envoyé : lundi 15 février 2010 04:23
À : Francine-Fritel
Objet : Re : parrainage/riou

Bonjour Francine
Merci pour les nouvelles fraîches !

je vais essayer de répondre aux questions que se posent les donateurs. Tu sauras transmettre à ta façon, tu connais les mentalités.

J’ai reçu de la Fondation Riou l’équivalent en US, puis en gourdes sur place, de deux fois 5000 euros, qui servent à donner un subside de 2000 gourdes (= entre 40 et 50 euros environ en fonction des taux de change qui ont bien baissé)

1) aux familles des enfants du kindergartgen, une trentaine sur 60 dont j’ai retrouvé la trace et je poursuis les recherches pour servir les autres,

2) aux familles des fidèles qui fréquentaient la chapelle et celles du voisinage qui ont tout perdu, près de trente aussi jusqu’à présent,

3) à celles des étudiants de P-de-Paix et La Tortue (20 familles),

4) s’ajoutent chaque jours d’autres familles proches, voisines, connues d’une façon ou de l’autre, au fur et à mesure du recensement des gens décédés victimes du séisme; je retrouve également les familles des enfants parrainés les années précédentes et qui étaient en primaire dans l’école de Soeur Marie-Hélène, que tu avais visitée et dont tous les bâtiments se sont effondrés, heureusement à une heure où les enfants n’étaient pas à l’école.

J’approche de 200 familles et ce n’est pas fini. L’aide est servie aussi discrétement que possible, sans publicité ni démagogie qui gâterait tout, de façon à ne pas créer de problèmes supplémentaires aux bénéficiaires, comme seraient des jalousies ou des vols : je venais de remettre une lettre de recommandation à une jeune fille sur sa demande pour la recherche d’un emploi, au premier carrefour un gars lui fauche l’enveloppe qu’elle tenait en mains en lui disant, cette enveloppe, c’est pour moi ! il croyait y trouver de l’argent ! j’ai du refaire la lettre et la fille l’a mise en sécurité…

Plusieurs critères pour choisir ces familles-là de préférence à d’autres : le fait de pourvoir identifier la situation réelle de gens qui n’ont pas de compte en banque et personne en diaspora pour leur envoyer un transfert d’argent, familles des enfants de l’école, qui étaient choisis déjà parmi les plus pauvres, familles des jeunes de Port-de-Paix et de la Tortue en collèges et universités sous ma responsablités depuis d elongues années, familles du voisinage immédiat de notre maison de Sapotille et du Jardin d’enfants, et d’autres qui fréquentaient la chapelle le dimanche, avec des proches dont je connaissais dejà bien les problèmes. L’aide personnalisée ainsi est gérée avec plus de rigueur et le suivi est possible. L’un ou l’autre mérite d’être aidé de façon plus substantielle pour relancer l’activité qui lui permettait de vivre avec sa famille, un logement, une boutique, un studio, un petit commerce, un ordinateur avec connexion au Net, un delco, bref, au cas par cas selon les besoins et à la mesure du possible.

Donc environ 5000 euros sont passés pour toutes ces familles et l’équivalent de 1000 euros dans d’autres aides ponctuelles, comme le déplacements de plusieurs familles pour un relogement avec toutes les affaires et meubles qu’ils ont pu sauver, plus loin sur Pétion-Ville ou la Route de Frère, la remise sur pied d’un cybercafé, la réparation d’une voiture taxis endommagée, des habits, des chaussures… même si les gens continuent de dormir dehors par peur des répliques, mais certaines maisons sont restées habitables; il suffira de les faire expertiser et d’attendre le moment favorable pour y habiter.

J’ai participé au rapatriement dans leurs provinces d’origines, des étudiants parrainés et de plusieurs autres, en direction du Sud, des Gonaïves, du Nord-Ouest, surtout Port-de-Paix et La Tortue, ( 24 voyageurs x 1000 gourdes), davantage quand il y avait du déménagement avec le transport, environ 1000 euros en tout.

Je souhaite renouveler le subside aux familles chaque deux ou trois semaines autant que je le pourrai et que la situation le justifiera.

Des sommes reçues directement de ma famille se sont ajoutées à celles reçues de la Fondation Riou, avec le même objectif ou avec d’autres objectifs ponctuels selon les cas. Des montants sont déposées aussi en attente d’une reconstruction.

Sur les 10 000 euros, Il me reste l’équivalent de 3000 euros disponibles en vue d’une autre distribution d’ici la fin du mois.

Selon les possibilités, un autre virement pourrait être fait fin février pour début mars. Pour la suite, on verra… un jour à la fois !

Il faut penser à réserver aussi un montant substantiel en vue de la reconstruction.

Les aides ponctuelles qui me parvenaient déjà depuis longtemps via ma famille et des amis, des clubs ou d’autres associations, restent affectées aux dépenses des étudiants en collèges et universités, à leur scolaristaion ainsi qu’à leurs dépenses personnelles, de même que les parrainages adressés aux enfants du kindergaten; je les garde en dépôt en prévision de la suite, du moment que beaucoup d’aide supplémentaire me parvient tout spécialement pour les sinistrés du 12 janvier.

Les parrainages ?
Il est trop tôt de parler déjà de nouveaux parrainages, car on ne sait pas combien de temps va durer la situation présente sans écoles qui puissent fonctionner, et pour ma part, je ne me vois gérer davantage de parrainages que la soixantaine actuelle, qui me demande déjà bien des “heures supplémentaires” !

Voici en gros comment je fonctionne: Les parrains et marraines versent 150 euros par an par enfant parrainé, en une fois ou en trois fois selon les cas, et l’argent sert à équiper les enfants de leurs uniformes et fournitures scolaires, plus à faire le salaire des animatrices et de la directrice. D’autres aides supplémentaires sont affectées à la cantine de l’école et aux travaux d’entretien.

Voilà, Francine, tu vas pouvoir trier et transmettre ce qui peut l’être aux gens qui se posent et nous posent des questions.

Merci encore pour tout !
Amitiés
Maurice